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lundi 1 février 2010

Le Boudoir des Certitudes


Aurore insondable des jours flétries
Manivelle divine dans la main de l’architecte insensé
La couleur du ciel est un détail
Manœuvrer à travers ce matin increvable, s’ouvrir une porte vers l’inconscience
Refuge, échappatoire, cruel, qui te vrille la tête et les sens d’impossible
Tu souhaites…
Tu…
Non, tu fous rien…
Nourriture immatérielle, symptomatique d’un malaise accru
Noir sur blanc
Noir sur noir
Absence de contour
Ton nom fut une épopée minable, s’échouant de peine et de misère sur la morne rive de l’ennui
Celui du monde, celui des autres, le tien surtout
Se secouer l’iris à n’en plus finir, dans l’espoir peut-être…
Qu’elle s’ouvre sur du mieux (écarlate + chauve-souris implosives + délire tribal en mocassins)
Magie des parcelles d’euphorie, qui brillent et s’éteignent…
Cette ondée sur fond de béton et ce couloir musical nostalgique qui s’enfonce tympanisquement en toi…
Adéquation de banalité splendide dans un pot à fleur ayant longtemps expiré (R.I.P.)
L’influence d’un gris renouvelé
Verglas spirituel te coulant dans les veines
Sans défense, tu laisses l’ennui t’envahir, te crever les yeux pour y couler ses missives
L’orchestre fantôme s’enfonce dans les ténèbres voilées d’une nuit-mirage.

mercredi 27 janvier 2010

I Love The Dead



Ceci est une histoire écrite dans mon cours de création littéraire à la session d'automne 2008. J'ai été pris par un désir soudain de juxtaposer les séries américaines Six Feet Under et Dexter (toute deux avec le même comédien principal).

L’histoire que je vais vous raconter commence au petit matin, alors que la phosphorescence flétrie d’un jour d’octobre occultait les ténèbres d’une nuit sans lune. Dans une grande maison de briques rouges, située à la croisée d’un cimetière brumeux et d’une forêt luxuriante, Samuel Trintignant s’éveilla. Après avoir assené quelques vigoureux coups de poings à son réveille-matin qui émettait un son apocalyptique digne d’une sirène d’avant-bombardement, Samuel sortit péniblement d’un sommeil chargé de rêves énigmatiques. S’ensuit une rigoureuse toilette matinale et un petit-déjeuner frugal qui se consomma sur la petite table de travail au sous-sol, à quelques pas d’une chambre froide qui abritait deux cadavres tous frais.

Le croque-mort ne chômait définitivement pas ces derniers temps. Ce matin, il devait travailler sur madame Béliveau, qui avait été poignardée à mort quelques jours auparavant. Du beau travail : trente-sept coups de couteaux, dont un dans la nuque qui lui avait été fatal. Le corps de Justine Béliveau, intégralement couvert de plaies plus ou moins profondes, ressemblait à un gigantesque morceau de gruyère qu’on aurait oublié trop longtemps hors du réfrigérateur. Bref, un dur travail de restauration en perspective… Et cet après-midi, ce serait au tour de Ronald Carpentier de se faire refaire une beauté. Le corps du vieillard, horriblement mutilé, avait été retrouvé l’avant-veille dans un conteneur à déchets d’un quartier malfamé. Son visage avait été abominablement brûlé à la torche, ses yeux crevés par des éclats de miroir et son pied droit allègement scié. Le pied en question avait été découvert dans une boîte postale à proximité de la scène du meurtre.

Habituellement, il aurait fallu plusieurs jours à un thanatopracteur pour redonner une apparence vaguement humaine à un seul de ces putrides défunts. Samuel Trintignant n’était pas un thanatopracteur commun. C’était un artiste, aussi expéditif que méticuleux, qui travaillait sur les dépouilles humaines comme un grand peintre jette son âme sur la toile. Peu importe le degré de décomposition ou la violence de l’accident qui avait mené à la mort, il créait de véritables chefs d’œuvres cadavériques. Plus le défi était grand, plus le résultat était époustouflant. C’est pourquoi en réalité, ce ne fut pas difficile de s’occuper de ses clients. C’est aussi pourquoi le centre funéraire « Trintignant INC » était si réputé dans la région.

Vers le milieu de l’après-midi, Samuel achevait les dernières retouches sur feu madame Béliveau. Il s’arrêta un moment pour savourer une cigarette à l’extérieur et ainsi s’imprégner de splendeur automnale. Octobre avait cet aspect miraculeux… La nature fondant tranquillement en beauté, la couleur des feuilles s’altérant majestueusement jour après jour, la lumière agonisant toujours un peu plus tôt chaque soir… et après venait Novembre, le mois des morts ; le cadavre gris terne d’Octobre qu’on avait perçu au petit matin, le lendemain d’Halloween. Samuel adorait particulièrement ce mois. Sa fête tombait le 1er et il chérissait l’atmosphère morne et funeste qui s’en dégageait. Novembre était son allié ; le reflet de son âme solitaire.

Samuel avait côtoyé la mort toute sa vie. C’était son champ d’expertise. Alors qu’il n’avait que six ans, sa mère périt en tentant de donner naissance à son frère mort-né. Peu de temps après, dans le sous-sol de la maison familiale, Samuel découvrit le corps de son père se balançant grotesquement au bout d’une corde. L’image du visage violacé et grimaçant de son géniteur s’imprima dans son esprit et ne le quitta plus jamais. Au lieu d’engendrer chez lui un traumatisme qui aurait été des plus compréhensibles, elle représentait pour lui un objet de fascination singulier.

Samuel partit vivre chez sa tante Adèle. Lorsqu’il eut treize ans, Adèle fut emportée par un cancer foudroyant. Placé en famille d’accueil, le garçon timide et rêveur ne réussit pas vraiment à lier de véritables liens affectifs avec ceux qui l’entouraient. Adolescent, il se découvrit une passion pour les dessins morbides, le Death Metal, les films d’horreur et la littérature fantastique. Il passait tout son temps libre à lire ou dessiner dans les cimetières avoisinants, y dormant parfois. À l’âge adulte, après avoir jonglé avec l’idée de devenir cinéaste ou médecin, Samuel décida de consacrer sa vie à sa passion. Une fois ses études terminées (avec brio), il ouvrit sa propre maison funéraire. À travers son travail, l’homme s’accomplissait pleinement dans son domaine d’intérêt. Il ne lui manquait plus qu’un hobby tout aussi fascinant. Dans cette optique, il fut donc logique qu’il se tourne vers le meurtre.

Les premiers homicides de Samuel étaient venus d’une nécessité purement financière. Le monde moderne était impitoyable envers les croquemorts. Grâce à l’avancement (et l’accessibilité) de la science médicale, à la pasteurisation, aux lois protégeant les faibles et les pauvres, aux vaccins, etc... Mourir était devenu une occupation plutôt exceptionnelle chez les gens ordinaires. Samuel, en bon capitaliste, avait décidé de créer la demande. La nuit, il s’introduisait sournoisement chez les gens et les étranglait avec tact et précision. Plus souvent qu’autrement, la famille du défunt rappliquait dans son bureau le lendemain et le contrat était signé en moins de deux ; le temps d’assister à quelques crises de larmes. Les coffres s’emplissaient de nouveau.

Par contre, notre thanatopracteur préféré pris rapidement goût à cette besogne immorale. Très habile dès le départ, il y devint aussi très créatif, variant ses méthodes et ses techniques selon la victime. Tuer était devenu pour lui l’art suprême. Il voyait en ses escapes meurtrières nocturnes une interminable partie de « Clue ». Une nuit, c’était le démembrement à la tronçonneuse dans le salon. L’autre, c’était l’éviscération au tournevis à tête plate dans la salle à manger.

Samuel adorait estropier ses proies, non pas par sauvagerie gratuite mais par défi personnel. Sachant qu’il allait travailler sur ces mêmes corps, il adorait s’infliger des contraintes artistiques. Sa dernière lubie, c’était la décapitation. Bien recoudre une tête sur un corps est une tâche extrêmement délicate mais quand cela est fait d’une main experte, le résultat en vaut la chandelle. Ces dernières « ré capitations » valaient toujours à Samuel des commentaires élogieux lors des services. Les madames et les monsieurs n’arrêtaient pas de sortir les classiques « Ah ! Vous nous l’avez bien arrangé ! » ou encore « Elle à vraiment l’air en paix ! »

C’est donc dans l’optique de faire rouler quelques têtes que Samuel sortit de chez lui cette nuit là, vers les deux heures du matin. Il avait fait du bon travail toute la journée ; c’était maintenant l’heure de se divertir un peu. Enfilant un costume sobre, entièrement noir, et agrippant sa trousse de travail qui contenait une hache bien affutée, notre « nécro-spécialiste » était fin prêt à seconder la faucheuse une nouvelle fois. Il prit sa voiture et roula calmement pendant une bonne heure dans les différentes banlieues de la cité, se laissant inspirer par les diverses demeures assombries… dans le but de choisir la bonne. Finalement, il découvrit la maison parfaite. Belle, grande, un peu en retrait des autres sur la fin de la rue… Elle avait ce cachet de « maison de film d’horreur ». Et l’horreur allait bientôt devenir réalité pour ses habitants.

Samuel se stationna à un bon kilomètre de la maison. Il empoigna son attirail et sortit de la voiture. Après avoir fermé la porte sans un bruit, il marcha d’un pas discret mais résolu vers le domicile. Dans la tête du psychopathe, le petit quartier nocturne n’était qu’un vaste cimetière et la maison au loin un tombeau immense qu’il s’apprêtait à profaner. Arrivé devant la porte, il sortit son passe-partout et en moins de deux se trouva à l’intérieur, dans l’obscurité totale. Il laissa ses yeux s’habituer à la pénombre et fit une visite rapide du premier étage. Cuisine, salon, salle de jeu, salle de bain. Les chambres devaient se trouver au deuxième. Le meurtrier emprunta alors le bel escalier de bois central qui menait à l’étage supérieur.

Ce qui se passa ensuite fut abominable... Quant tout fut fini, que Samuel eut rentré chez lui les habits et le visage maculés de sang, il s’écroula et se mit à pleurer pour la première fois de sa vie...

Après une fausse manœuvre dans l’escalier, la maisonnée s’était éveillée. La lumière s’était faîte et Samuel avait été confronté à une famille complète. Un homme, une femme et deux petites filles mignonnes qui venaient de sortir brutalement d’un songe espiègle peuplé de fées et de lutins. Tous des innocents. Les voir face à face dans le spectre électrique, vivants jusqu’à la moelle, apeurés mais unis dans la tourmente, purs devant Dieu… c’était trop. Il les avait trouvés beaux et tragiques. Son désir meurtrier s’était écroulé comme les empires d’un monde oublié. Et pourtant, il devait impérativement mettre fin à leur existence. Ils avaient vu son visage. Malgré les supplications nauséeuses de la mère, ils tombèrent un à un. Elle en premier, son front éclaté par l’impardonnable instrument de mort. D’un formidable élan de colère brute, le père s’était jeté sur lui en hurlant comme un animal indompté mais avait reçu la hache en plein dans la jambe droite… À deux pas du corps de sa femme, il gémissait, pleurait, implorait pour que Samuel épargne ses filles. C’était trop tard. Après avoir assisté au massacre de sa progéniture, le père émit un cri affreux, sorte de râle perçant qui secoua les fondations mêmes de la demeure. Samuel mit fin à ses tourment en laissant s’abattre l’arme sur son cou qui fondit comme du beurre. La tête de l’homme alla s’écraser grotesquement contre le mur le plus proche.

Samuel était paralysé, figé au beau milieu d’un tableau sanguinolent qui aurait trouvé sa place sur le mur du salon d’Edgar Allan Poe. Il resta là dix minutes, sans savoir quoi faire, jusqu’à ce que l’innommable vienne cogner aux portes de son esprit dérangé. La tête du père, qui dégoulinait de belle façon sur le plancher de bois franc, se retourna vers lui... Son regard fixa le sien et ses lèvres prononcèrent...

Quelques jours plus tard, on découvrit le croque-mort au bout d’une corde. Ses cheveux, qui une semaine plus tôt étaient d’un noir impénétrable, n’étaient plus que neige maladive. Il venait de terminer sa plus belle restauration à vie : une tête et un corps ré-assemblés à perfection... Curieusement, sur les lèvres du cadavre reconstitué, on pouvait apercevoir un sourire sinistre.




FIN

vendredi 22 janvier 2010

ScHiZoPhReNuS pRoFoNdIs #1 (La Moustache de Yanni : The Musical)

Une attaque terroriste et passablement incongru
(contre vos sens)
d'une colonie de berlingots de laits vampiriques
armés de lances-roquettes en fantex mauve
(OU les multiples divagations nocturnes diverses de votre très cher comparse Salade d'endives).



Inspirations :
la vie courante
l'eau courante aussi
les danseurs de merengue (surtout ceux qui sont violents)
les annuaires téléphoniques
les centrales hydro-électriques
les drakkars
le premier verre de jus le matin (c'est extrêmement rafraichissant)
les portemanteaux
la nature humaine (particulièrement celle des unijambistes)
les sapins de Noël
les Ewoks
Super Timor
Salvador Dali, Luis Buñuel, Alejandro Jodorowsky, Boris Vian, Eugene Ionesco, Normand l'Amour, David Tibet, Erik Satie, Klaus Kinski, Ma Colombe est Blessée, Hergé et les BD de FreD


-------------------------------------------------->ceci n'est pas une ligne mais elle essaie quand même

Le jour de son anniversaire de naissance, ce fut sa fête
Steve Perry, jeune homme de 23 ans dans la trentaine, célébrait demain son 27ème anniversaire. Mais ce grand moment était plus qu'une belle journée puisque que le surlendemain de l'avant-veille (c'est à dire le même jour), il fêtait sa naissance. "Wow ! 25 ans ! Et deux fois la même journée en plus ! Je suis tellement heureux ; je pense que je vais mordre un pissenlit !" déclara le jeune Perry, qui venait tout juste de commettre un vol à main armée dans un restaurant miteux de la ville de Détroit.

ÉCHANGERAIS vaches-limousines enregistrées avec ou sans veaux, contre édition sans reliure du Necronomicon ou immeuble à revenus, entre 18h00 et 18h05. Merci. Prière de ne PAS appeler aux 456-7867 (cause : fin du monde + avalanche d'oiseaux morts) 

bIeNveNuE À La ClInIquE dU RaSoIR !!!!

BULLETIN SPÉCIAL : 300 TRUITES S'ENVOLENT
"C'est arrivé tellement rapidement" de dire une Sylvie Frappier estomaquée et âgée de 18 ans. "J'ai beaucoup pleuré" nous raconte un homme qui ressemblait étrangement à un figurant dans un film inconnu que je n'ai pas vu. "C'est une catastrophe : Que devient le poisson dans notre monde contemporain ?!?" demandait une branche de boulot qui se faisait allègrement scier par deux ortho thérapeutes unijambistes répondant tous deux par le doux nom de Marcel, ce qui ne facilitait pas les communications dans leur travail de tous les jours : pompiers pigistes.... Mais bon, pour en revenir aux amphibiens... "Et bien je crois que j'ai la réponse" de rétorquer Marston Masserton, savant fou notoire... "Dans le panthéon moderne, il y a des rapports dit hiérarchiques entre les gens de divers milieux sociaux... C'est la base même du nouveau millénaire ; un siècle qui sera ultimement fondé sur les relations interpersonnelles qui y séviront. Les poissons ont seulement voulu prendre une part du gâteau alléchant, surmonté lui-même d'un délicieux (mais toxique) glaçage cosmopolite. Et ils vont de l'avant, les bougres. Les homosexuels ont fait valoir leur droit. Ce nouveau mouvement de truites anarchistes vont faire de même pour le monde des branchies !". Il est à noter que durant cet entretien fascinant, une épaisse fumée rose sortait de la narine gauche
du philosophe dément.

Un homme dans la vingtaine s'est fait finalement arrêté, même si la police provinciale du Québec n'avait que 19 mandats d'arrestation contre lui. "Les salauds" déclare- t'il. "J'avais pourtant soufflé toutes mes chandelles sur mon gâteau de fête". Une histoire à suivre.... euh... finalement, non. 

Je vous pose la question dans l'espoir non dissimulé que vous me fournissiez une réponse purement fiscale comme vous savez si bien les fabriquer (en série) dans votre magnifique hutte mérovingienne néo-rustique fabriquée à 98.5% de tendre et juteux ananas : Nous, nous avons des parapluies. Les parapluies ont les Grecs. Mais les Grecs, qu'ont ils pour se protéger efficacement contre ces éruptions volcaniques pourtant si fréquentes ? 

Des mocassins. D'infects... d'horribles mocassins (en cuir véritable.) Juste la mention du mot "mocassin" lui donnait des reflux gastriques puissant. Les fourmis mouraient autour de lui (à une distance de 5 mètres de diamètre) lorsqu'il le prononçait à voix haute. Joe Gacy en entendrait parler à coup sûr... si seulement il existait.


Un nuage, passant au dessus de ma tête, est mort ce matin.... ("Milk-Man vs. The Unknown...")



 -Une histoire écrite spécialement pour les pieuvres-



UNO

Dans la chambre de mon laitier, les livres étaient couchés; côte à côte. Celui qui se retrouvait en ces lieux occultes pouvaient lire avec effroi des titres de bouquins tels que l’Art de la vengeance : volume 8, Comment supprimer une famille entière avec une paille en plastique et un bout de ficelle et Histoire complète de la pasteurisation laitière : une révolution. L’homme dans la fin quarantaine avait deux passions qui lui dévoraient l’âme à grandes croquées : les produits laitiers et la haine de la race humaine.

Cet être érudit, aux os rendus quasi indestructibles par l’apport quotidien de calcium dans son entité corporelle, avait un vice des plus odieux : le crime. Frustré de voir son métier ridiculisé par la populace indigne, il avait décidé de jouer les justiciers nocturnes et de semer une terreur lactée sur la ville endormie.

Le jour, il n’était que Jules Carpentier ou « monsieur le laitier » pour les centaines d’enfants ricaneurs qu’il croisait sur son parcours du dimanche… Mais une fois la nuit venue, il se transformait en MILK MAN™, le terrifiant hors-la-loi armé de ses berlingots explosifs et de son pistolet à crème 35%. Ce renégat perfide dévalait les rues de Trois-Rivières dans sa fidèle Dairy-mobile (une Pony 1987 adaptée) et assaillait tous ceux qui osaient se mettre dans son chemin, leur offrant à tous et à toute un milkshake deux saveurs : vanille et MORT. Cinq personnes avaient tragiquement perdu la vie en osant affronter cet être surhumain, drapé d’un horrible costume de cornet de crème glacée et d’une cape tissée uniquement de tranches de fromage jaune orange.

Cet effroyable génie du mal s’apprêtait à rencontrer un adversaire à sa taille lors de cette nuit funeste d’Halloween 2008. Mais ça, il ne le savait pas encore…



SKIP-BO

Complètement défoncé, le jeune Gratien Picard titubait de trottoir en trottoir, errant tel un cadavre animé dans la ville. Il était trois heures du matin. Revêtu d’un habile accoutrement de viking, Gratien revenait d’une fête déguisée bigrement arrosée. Un peu trop d’ailleurs. Il avait beaucoup de difficulté à se souvenir de ce qui s’était passé lors de sa soirée, juste qu’il avait perdu la carte quand Loïc avait mis « Downward Spiral » de groupe américain Nine Inch Nails dans sa chaîne audio. Aux premières notes métalliques de « Mr. Self-Destruct », Un « trash » retentissant avait sévit dans le salon de Loïc, qui aurait probablement beaucoup de misère à expliquer la cause de toute cette destruction mobilière gratuite à ses géniteurs adorés qui ne savaient rien de l’existence de la dite fête en question.

Gratien contempla sa main droite. Une plaie peu ragoûtante fixait son regard embrumé. Quelques jours auparavant, notre ami avait été mordu par un gigantesque écureuil au regard méchant alors qu’il était en train de faire une petite ballade sur l’île Saint-Quentin. Et il avait mordu fort le bougre. La blessure saignait légèrement, et autour, on pouvait voir de vilains poils roux qui formaient un cercle régulier.

Alors que le jeune homme inspectait ces développements physiques insoupçonnés, une bagnole toute rouillée dévala la rue sur laquelle il se trouvait et la happa de plein front. Gratien alla s’écraser à travers une cabine téléphone qui se trouvait à sept mètres de là. Bref, le genre de choc qui laisse l’humain moyen dans une condition de décès avancé.


L’horrible Milkman sortit de son engin de mort et éructa d’un rire quelque peu machiavélique. Il marcha à grands pas vers la cabine pour aller constater l’étendue du massacre dont il était l’auteur. À mi-chemin, il entendit un rugissement aigu semblant venir d’outre-tombe. Il s’arrêta et constata avec effroi que les décombres de la cabine se soulevaient grotesquement. Agrippant son fidèle pistolet d’une main chancelante, le laitier s’apprêta à tirer sur la chose qui avait poussé ce cri immonde. Il n’eut pas le temps : un gigantesque et démoniaque écureuil de plus de quatre mètres se jeta sur lui, lui arrachant une partie de son masque et toute la joue gauche au passage.

Ça faisait vraiment très mal et en plus, ce n’était réellement pas beau à voir (on pouvait apercevoir la maxillaire supérieure ressortir par le trou). Mais notre sympathique laitier n’était pas au bout de ses peines. Écroulé de tout son long dans la rue, Milk Man leva la tête et constata que le monstre pileux s’attaquait maintenant à une autre part de son anatomie : sa jambe droite. L’écureuil prit une large « croquée », broyant la chair et les os comme si c’était de vulgaires brindilles. Une fois la quasi-totalité de la jambe consommée, la créature déchira le ventre de sa proie, faisant ressortir par le fait même les tripes et boyaux qu’il se mit à déguster comme de délicieux spaghettis. Tout ce carnage sanguinolent entraînait des hurlements de douleurs assez compréhensibles chez notre renégat lacté.

Après s’être délecté des entrailles du dangereux criminel, l’écureuil se leva d’un bond agile et sembla quitter les lieux, laissant Milk Man gisant dans une énorme flaque de sang, entre la vie et la mort. Ce dernier, à demi inconscient, pensait à tort que ses malheurs prenaient fin jusqu’à ce qu’il entende le moteur de la Dairy-mobile ronronner sournoisement…

La voiture fonçait droit sur lui ! La dernière chose qu’il vue fut la visage énorme et souriant de l’écureuil dans le rétroviseur du véhicule. Une roue lui passa directement sur la tête, aplatissant vulgairement son crâne comme une crêpe bretonne et faisant sortir toute la matière grise par le nez, la bouche et les orbites. La voiture fit volte-face et roula sur le cadavre mutilé du laitier à plusieurs reprises, tapissant la chaussée d’hémoglobine et de membres disparates. Le tableau avait de quoi faire vomir le plus stoïque des nécrophiles.

Lorsqu’on appris les exploits héroïques du nouveau justicier de Trois-Rivières, Yves Lévesque organisa une assemblée publique pour remercier l’écureuil au nom de la ville. Devant tous les médias régionaux et une foule en délire, notre héros dévora monsieur Lévesque et fut nommé nouveau maire de notre glorieuse cité.

Depuis ce jour, la paix règne à Trois-Rivières et les enfants n’ont plus peur de savourer leur portion quotidienne de produits laitiers (tel que recommandé par le guide alimentaire canadien).

C’est tout pour cette histoire, les amis ! N’oubliez surtout pas de vous brosser les dents et de prendre vos vitamines le matin ! 

FIN


dimanche 3 janvier 2010

La délicate (et riche) réaction sensorielle que procure la rosée printanière sur la région du talon (ou "Macbeth contre les sangsues-ailées")

Ce matin là, les oiseaux n’ont pas chanté. Le chien n’a même pas aboyé. Yvon Duval s’éveilla dans le silence le plus complet, après seulement une heure de sommeil agité. L’homme de 52 ans n’avait pas l’habitude de taquiner l’aurore mais ces derniers temps, son sommeil était des plus légers. Que voulez-vous, rédaction littéraire et cocaïne ne représente pas un régime très approprié pour les lèves-tard de ce monde. Yvon s’était plongé narine et âme dans l’écriture de son premier livre, « les contradictions perpendiculaires ». Le bouquin relatait les fascinantes aventures d’un conducteur de taxi polonais et gérontophile qui périt dans un tragique accident de pédalo dès la première phrase du récit pour se réincarner en brosse à dents électrique quelques pages plus loin. L’ouvrage comportait aussi une scène où se déroulait un combat de boxe thaïlandaise opposant un kangourou et un porte-clé.

Bref, depuis plusieurs semaines, Yvon avait plus ou moins perdu la perception de la réalité mais ça, il ne l’avait pas encore réalisé. Pour l’instant, tout allait pour le mieux. L’auteur, qui portait uniquement une paire de bas mal assortis, se dirigea vers la cuisine d’un pas décidé.
 
Il
ouvrit
son


frigo et agrippa la bouteille de jus d’orange, seul aliment comestible qui y résidait. Les temps étaient durs mais Yvon se dit intérieurement que rien n’est noir ; qu’il n’y a que des différentes teintes de gris. La misère financière qu’il avait connu ces derniers temps avait tout de même donné naissance à son flot créatif et qui sait, peut-être à un chef d’œuvre de la littérature moderne. Une fois la désaltérante boisson consommée, notre héros regarda sa minuscule cour arrière par la fenêtre du salon.


Les ténèbres recouvraient encore le petit matin. Yvon se dit qu’en attendant le Soleil, il pourrait toujours continuer son roman. Malheureusement, il n’eu pas le temps de se rendre à sa chaise. Une dizaine de gangsters porto ricains armés jusqu’aux dents défonça la porte de son taudis et fit irruption dans le salon. Notre auteur adoré devait beaucoup d’argent à la pègre. Neige poudreuse et carte de crédit chargée ne forment pas un combo gagnant et ça, Yvon s’apprêtait à le découvrir de bien fâcheuse façon. On retrouva son corps criblé de balles dans une ruelle sombre et peu recommandable de Montréal. Pour ce qui est de son manuscrit, un policer le découvrit dans une poubelle non loin de là et décida de le donner à un réalisateur qui en fit une méga-production cinématographique avec Vin Diesel dans le rôle de la brosse à dents.

FIN

mardi 22 décembre 2009

Au Menu : Mon Cerveau

Ruminer un cosmos vespéral
Saupoudrer de poudre à pâte le corps moribond de votre cheval préféré
Vendre des reliures d'annuaire téléphonique mauves-fluos à des trafiquants d'opium polynésiens se disputant la lune dans une partie de Risk endiablée

Admirer la dégradation majestueuse d'un vieux film expressionniste allemand
Une neige grise - l'érosion du temps - agite l'écran d'une insolite façon
Laisser mijoter vos spectres luisants dans une sauce d'inconscience (avec des petits oignons)
CONFITURE OCULAIRE - N'OUBLIE PAS TON NOM !!!

Écouter Animal Collective et Mount Eerie dans la douceur noctambule d'une nuit qui vous semble éternelle et qui pourtant... pourtant s'achève
Retrouver Morphée et ses tricycles rouillées dans un désert Jodorowskiien, chevauchant ces montures métalliques désuètes avec vos deux camarades de songe
Fuyant ces brigands aux orbites caverneux qui n'existent peut-être déjà plus...

L'horizon se renouvelle en splendeur minimaliste et les courbes onduleuses de cet univers-peau vous rappellent un printemps que vous n'avez jamais vécu
Et dans cette grotte confuse ; située à l'intérieur de votre oeil gauche, caméra limpide filtrant l'extase, des farfadets machiavéliques célèbrent leurs fourberies argentées avec une danse impie que les siècles ont oublié (Dans leur poche de manteau ? Chez le barbier ? Dans un orage dément ?)

Les effluves modernistes d’une éclipse-clarinette vous remuent les sens et pompent un sang nouveau dans vos veines cristallines
Paysages impossibles, chimères indomptables, univers s’entre-dévorant, réappropriation du banal par la machine à merveilles…
Le cadran est brave d’affronter le rêveur tous les matins